Selma a grandi dans un univers où il était interdit de parler, de s’exprimer.
Et pourtant, elle a trouvé un moyen de s’ouvrir au monde.
Il y avait ce silence. Ce silence épais qui remplissait la maison, même quand les cris résonnaient entre les murs. Un silence qui ne se brisait jamais vraiment, un silence qui collait à la peau, à l’âme.
Selma avait grandi dans ce silence. Avec des nuits trop longues et des matins trop lourds. Avec des questions qu’elle ne posait plus et des réponses qu’elle ne recevrait jamais. Avec l’ordre implicite de se faire toute petite. Surtout, ne pas déranger. Avaler les larmes et les rêves.
Mais quelque part, sous les blessures invisibles, sous la peur de ne pas être entendue, une voix sommeillait. Une voix qui voulait crier, dire, écrire.
Un jour, Selma trouva un vieux carnet dans une brocante. Un carnet banal, à la couverture fatiguée, aux pages piquetées et aux ressorts tordus. Ce carnet allait devenir son refuge.
Les premiers mots furent timides, comme si l’injonction parentale résonnait encore. « Tais-toi. » Sa main tremblait, osait à peine effleurer les pages. Puis, peu à peu, des phrases se formèrent. Elle y déposa des souvenirs, ses douleurs, des éclats d’amour volés au hasard de son adolescence. Elle y introduisit les silences de son enfance, et soudain, ils firent beaucoup de bruit.
Écrire n’a rien changé au passé. Mais écrire son histoire a permis à Selma de s’exprimer enfin. De reprendre possession de ce qu’on lui avait pris : le droit à la parole.
Aujourd’hui, Selma a fait des mots son métier. « La parole est à la défense. » Elle est devenue avocate.
À vous qui lisez ces lignes et qui portez des souvenirs lourds et des cicatrices invisibles… Osez écrire. Osez vous raconter. Il est toujours possible de garder les écritures pour soi, sans les transformer en livre.
🤔 Vous avez envie de raconter votre histoire et vous vous posez mille questions ?
